La lettre N°3 - Fécamp Grand Large - Juin 2026

En conclusion du débat public « La mer en débat », la décision Ministérielle du 17 octobre 2024 a conduit à la désignation de deux nouvelles zones propices au développement de l’éolien en mer en Manche Est - Mer du Nord : Fécamp Grand Large (FGL) et Roches-Douvres.

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A LA UNE

Lancement de l’Appel d’Offres n° 10 (AO10)


La décision du 17 octobre 2024 prévoyait que la zone de développement FGL intègre le périmètre de l’AO 10.
A la suite de la publication de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie 2026-2035 (PPE3) le 13 février 2026, le Gouvernement a lancé la procédure d’appel d’offre, marquant ainsi l’entrée de la zone FGL dans une nouvelle phase de développement.

L’AO 10 est inédit par sa puissance associée et par son ampleur géographique. En effet, il prévoit la mise en concurrence de 11 projets (10 GW) répartis sur l’ensemble des façades maritimes.
Par ailleurs, cet appel d’offres se distingue aussi par son objectif de maintenir un prix de production de l’électricité compétitif (inférieur à 100 €/MWh) et de privilégier la fourniture de composants issus de l’industrie européenne (en application du Net Zero Industry Act européen).

Les candidats doivent déposer leurs offres avant le 12 octobre 2026 ; la Commission de Régulation de l’Energie les analysera avant de rendre son avis, en vue d’une attribution des lots par la ministre chargée de l’énergie en février 2027.

👉 Plus d’informations sont disponibles sur le site du Gouvernement

Les zones de projets de l'appel d'offre n°10

Les zones de projets de l'appel d'offre n°10

ACTUALITÉS

L’organisation de la zone Fécamp Grand Large (FGL)


A l’occasion du lancement de l’AO 10, l’organisation de la zone de développement FGL a été communiquée, concrétisant ainsi les travaux menés sur ce sujet dans le cadre de la concertation continue. La zone de projet n’évolue pas dans son espace général. Elle accueillera 3 parcs éoliens, d’une surface de 145 km² chacun et d’une puissance comprise entre 1,35 et 1,45 GW chacun, portant donc la puissance totale de la zone entre 4,05 et 4,35 GW. Ces trois parcs seront raccordés au réseau public de transport d’électricité par 3 liaisons 320 kV en tension continue (HVDC) nécessitant l’installation de 3 postes en mer.

Organisation de la zone de développement FGL

Organisation de la zone de développement FGL

Il est à noter que le schéma d’organisation retenu a quelque peu évolué par rapport au schéma annoncé dans la décision d’octobre 2024 (2 parcs de 2 GW raccordés par deux liaisons 525 kV HVDC). Nourries par les échanges que les services de l’État ont tenus avec les personnes intéressées dans le cadre de la concertation continue, ces évolutions ont principalement visé à optimiser la zone. Le sujet de la taille des lots ( puissance installée par parc) a notamment questionné. Ces lots ont finalement été redéfinis dans les standards actuels afin de permettre une plus grande concurrence et en conséquence le schéma de raccordement a été adapté, ce qui permet à RTE une meilleure standardisation des technologies utilisées pour raccorder l’ensemble des parcs éoliens sur le littoral français.

Enfin, après examen, l’extension Nord de la zone de développement FGL a été écartée du fait que les conditions de sécurité maritimes n’étaient pas suffisantes dans cette zone située aux abords du dispositif de séparation du trafic (DST) du Pas de Calais.



La concertation continue


Dans la continuité de la décision ministérielle du 17 octobre 2024, l’État poursuit la concertation continue sur les nouveaux projets éoliens. Cette phase d’échanges et de travail avec le public se fait sous l’égide d’une garante nommée par la commission nationale du débat public, Mme Marie-Claire EUSTACHE (Contact : marie-claire.eustache@garant-cndp.fr).

La réunion publique organisée par l’État et RTE sur les actualités du développement éolien de Fécamp Grand Large et sur le sujet du paysage du vendredi 26 juin à YPORT est reportée du fait de l’épisode caniculaire.
Une nouvelle date sera prochainement communiquée.

👉 Vous retrouverez à cette adresse les diaporamas et compte-rendus présentés lors de cette réunion et des autres réunions publiques qui se sont tenues sur le projet.

Le 9 juin s’est tenue une soirée ciné débat à l’université du Havre. Le documentaire WATTER, par la force du vent de Louis Denonnin (2025) a été projeté et a été suivi d’une intervention de Cédric BIANCHINI (France Energies Marines) et de Damien LEVALLOIS (DREAL Normandie). Le documentaire relate le projet de 4 étudiants qui ont embarqué pendant 5 mois à bord du voilier « La Rêveuse » pour parcourir la Mer du Nord à la rencontre des acteurs de l’éolien en mer.

👉 Ce film est en accès libre sur Youtube

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Le mot de la garante


Marie-Claire EUSTACHE

Marie-Claire EUSTACHE

Le lancement de l’appel d’offres n°10 marque une nouvelle étape dans l’avancement du projet Fécamp Grand Large. Il intervient après la publication de la Programmation pluriannuelle de l’énergie 2026-2035, qui a permis de préciser le cadre du déroulement du projet. Cette nouvelle phase s’ouvre alors que se poursuivent les études environnementales, les travaux relatifs aux enjeux paysagers ainsi que les échanges engagés avec le public. La concertation continue conserve donc toute son importance : elle doit permettre à chacun d’accéder à une information complète et compréhensible, de faire valoir ses observations et de comprendre la manière dont celles-ci sont prises en considération dans la poursuite du projet.

Cet AO10 intervient après près d’un an et demi de concertation continue, dont le déroulement a été en partie conditionné par les évolutions du cadre de planification énergétique national. Au cours de cette période, le public, les élus, les associations, les professionnels de la mer et les autres acteurs concernés ont fait émerger des attentes fortes en matière d’information, de transparence et de prise en compte des préoccupations exprimées.

Afin de rendre compte de cette première année de dialogue, j’ai publié en décembre 2025 un premier bilan intermédiaire de la concertation continue, disponible sur le site de la CNDP. Les personnes souhaitant disposer d’une vision d’ensemble des échanges intervenus, des principales préoccupations exprimées et des recommandations formulées pour la poursuite de la concertation sont invitées à le consulter.

Dans le cadre de la mission confiée par la Commission nationale du débat public, je continue à veiller à la qualité de l’information du public, aux conditions du dialogue entre les différentes parties prenantes et à la transparence du processus de concertation tout au long de la poursuite du projet.

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ÉTUDES

Étude de visibilité en mer


La question de l’appréciation de la visibilité en mer est centrale dans l’évaluation des impacts de l’éolien en mer sur les paysages et les discussions lors du débat public ou de la concertation continue l’ont confirmé. Bien que l’État ait déjà essayé d’objectiver ce sujet, les différentes méthodes déjà testées n’ont jamais permis d’apporter une réponse pleinement satisfaisante, notamment du fait de l’absence d’objet fixe à observer sur le plan d’eau depuis les lieux d’étude.

Dans le cas de FGL, la proximité avec le parc de Fécamp a permis de poursuivre les travaux sur l’appréciation de la visibilité en mer en se basant sur l’observation du parc éolien actuel, mis en service depuis mai 2023. Deux campagnes d’observation ont ainsi été commandées  :

  • à partir du mois d’avril 2025 et pour une année entière, les sémaphoristes de Fécamp évaluent la visibilité en mer de part l’observation d’ouvrages du parc éolien de Fécamp. Ces quatre relevés quotidiens ont permis de disposer d’une première connaissance de l’évolution de la visibilité en mer tout au long de la journée.
  • depuis le mois d’octobre 2025 et pour une année entière, deux timelapses du parc éolien de Fécamp sont réalisés par l’entreprise Timelape Go avec une prise de vue toutes les 5 min depuis le musée des pêcheries de Fécamp et du phare d’Antifer. Ces prises de vue ont une vocation double :
    • préciser les évolutions de la visibilité en mer, en analysant par IA la présence ou non sur les clichés de telle ou telle éolienne ;
    • pouvoir illustrer la dynamique de perception paysagère créée par l’observation d’objets fixes en mer qui apparaissent et disparaissent au gré de l’évolution de conditions de mer et de la météo et cela d’heure en heure. Ce phénomène a été décrit par le public rencontré mais a aussi été souligné par les services du Syndicat Mixte de l’Opération Grand Site des Falaises d’Étretat – Côte d’Albâtre.
Premiers résultats de l'exploitation des données d'observation ( % du temps au regard de l'éloignement)

Premiers résultats de l’exploitation des données d’observation ( % du temps au regard de l’éloignement)



Poursuite des études d’état initial de l’environnement


Dans le cadre du marché public lancé en mars 2026 dans l’objectif de définir l’état initial de l’environnement sur l’ensemble des compartiments de l’environnement, les prestations se poursuivent. Depuis près d’un an, le groupement Sinay-Biotope a réalisé diverses sorties en mer. La grande majorité des compartiments seront étudiés sur 2 ans.
Les sorties en mer permettent en quadrillant la zone Fécamp Grand Large de déterminer les espèces présentes et de modéliser leur présence.

A ce jour, ont pu être réalisées :

  • 8 campagnes mensuelles d’observation oiseaux et mammifères marins en bateau,
  • 11 campagnes mensuelles d’observation digitales en avion pour l’avifaune et les mammifères marins. Ces campagnes se déroulent à l’aide d’un dispositif de caméras embarquées à bord d’un avion. Les images sont ensuite traitées en utilisant l’intelligence artificielle en plus de l’œil humain pour déterminer les espèces observées,
  • 5 campagnes mensuelles qualité de l’eau - plancton,
  • 4 campagnes de pêche (campagnes trimestrielles),
  • une campagne de prélèvements de sédiments et habitats benthiques (2 campagnes par an),
  • la pose de 10 bouées accueillant des dispositifs d’acoustiques sous-marine permettant de caractériser le bruit ambiant sous-marin et de détecter les mammifères marins. Ces bouées permettent également d’accueillir des détecteurs à ultrasons permettant de capter la présence de chauve souris, des cages de moules et résines DGT permettant de réaliser des analyses physico-chimiques.

👉 Les études d’état initial des paysages et du patrimoine ont été confiées au bureau d’étude Sillage et ont été achevées fin 2025 et sont disponibles sur le site Éoliennes en mer en France

Remise à l'eau de la bouée BA03 qui comporte également un dispositif pour détecter les chauve-souris

Remise à l’eau de la bouée BA03 qui comporte également un dispositif pour détecter les chauve-souris

FOCUS

Actualité de l’observatoire national de l’éolien en mer : l’Expertise Scientifique Collective (ESCo) Éoliennes en mer & biodiversité


L’Ifremer et le CNRS ont été mandatés par les ministres chargés de l’énergie, de la transition écologique, et de la mer pour conduire une Expertise scientifique collective (ESCo) portant sur les effets des parcs éoliens en mer et de leurs raccordements sur la biodiversité marine et les socio-écosystèmes marins et côtiers.

En effet, si les parcs éoliens en mer jouent un rôle central dans la décarbonation du secteur de l’énergie et dans la capacité des États à assurer leur souveraineté énergétique, comme tout usage industriel en mer, le développement de cette nouvelle activité s’accompagne d’effets sur la biodiversité et les écosystèmes marins et côtiers. Ces effets font l’objet d’un nombre croissant de publications scientifiques, notamment dans les pays d’Europe du Nord, où l’éolien en mer est déployé depuis plusieurs années.

Dans un contexte où le développement des énergies marines renouvelables doit intégrer les enjeux de préservation de la biodiversité, l’ESCo Éoliennes en mer a pour objectif d’établir un état des connaissances scientifiques disponibles sur les effets des parcs éoliens en mer et de leurs infrastructures de raccordement sur les milieux marins et côtiers, dans l’ensemble de leurs dimensions, et d’en proposer une analyse critique, afin de mettre en évidence les acquis de la recherche ainsi que les incertitudes, controverses et lacunes de connaissances associées à ce sujet. Elle vise également à préciser dans quelle mesure les connaissances acquises à l’étranger peuvent être transposées aux écosystèmes des côtes françaises.

Pour atteindre ces objectifs, l’ESCo repose sur un collectif pluridisciplinaire de vingt-cinq chercheuses et chercheurs français et européens, réunis sur la base de leurs compétences scientifiques et mobilisés pour analyser et croiser plus d’un millier de publications issues de la littérature scientifique internationale. L’Ifremer et le CNRS veillent au respect des principes de compétence, d’indépendance, d’impartialité et de transparence dans la conduite de cette expertise.

Les conclusions de l’ESCo Éoliennes en mer, très attendues par l’ensemble des acteurs concernés — pouvoirs publics, industriels, associations, usagers de la mer et communauté scientifique — seront rendues publiques lors d’un colloque de restitution qui se tiendra le 30 juin 2026 à Sorbonne Université, dans l’Amphithéâtre Richelieu. Les livrables associés à cette expertise seront publiés durant l’été 2026. Cette expertise constituera un appui scientifique majeur pour l’identification des besoins de recherche et l’éclairage des décisions publiques.

La participation à cet événement est également possible en visio-conférence.
👉 Vous trouverez toutes les informations utiles et le lien de l’inscription sur le site ESCo Éoliennes en mer & biodiversité.

EN CHIFFRES

3 parcs sur la zone Fécamp Grand Large.

Entre 4050 et 4350 MW installés entre 2035 et 2038 soit au final une production annuelle de près de 19TWh (environ 75 % de la consommation annuelle de la Normandie).

La direction du projet « Éoliennes en mer au large de la Normandie ». Conception : Serge Hamard - DREAL Normandie

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