Planification écologique : un bilan national et une circulaire pour accélérer localement
Le 5ème conseil de la planification écologique s’est réuni le 19 mai 2026. Il a fait un bilan d’étape des mesures destinées à atténuer la crise climatique, s’adapter à ses conséquences, et préserver les ressources. L’industrie, les bâtiments et l’énergie ont diminué plus fortement leurs émissions de gaz à effet de serre que les transports et l’agriculture. La baisse doit se poursuivre partout et engranger de nouveaux gains : en matière d’électrification, d’économie circulaire, de protection des forêts ou de rénovation. Pour renforcer la déclinaison territoriale de la planification écologique, une circulaire a été publiée le 25 juin 2026. Elle reconduit les COP régionales avec pour objectif de mieux articuler les stratégies des collectivités (Sraddet, SCoT, PCAET, PLU et PLUi…) et les priorités nationales (SNBC, PNACC). Les feuilles de route régionales seront enrichies de façon ciblée et intégreront notamment les enjeux d’électrification. Les préfets se verront confiés l’organisation de « conférences des financeurs » pour mettre en cohérence la réponse de l’Etat aux demandes d’ingénierie et de financement des collectivités. Par ailleurs, des sessions d’appropriation des objectifs de transition et moyens mobilisables accompagneront les nouvelles équipes municipales et intercommunales. |Consulter le bilan national|Accéder à la circulaire
Un plan national pour encourager l’électrification des usages
Aujourd’hui le mix énergétique français dépend à près de 60 % des énergies fossiles. Il est très dépendant du contexte mondial, comme le démontre la crise actuelle au Moyen Orient. L’objectif de la programmation plurianuelle de l’énergie (PPE) 3 est de passer à 30 % en 2035. La part de l’électricité n’est que de 27 % aujourd’hui, or notre production est excédentaire, en plus d’être décarbonnée et souveraine. C’est pourquoi l’électrification des usages doit s’accélerer ! Le plan propose 22 mesures pour l’encourager, notamment sur les bâtiments, les mobilités, mais aussi pour les activités économiques. Au niveau national des territoires seront aussi sélectionnés et accompagnés pour la mise en oeuvre accélérée de l’électrification. Enfin au niveau régional, une déclinaison a été engagée afin de promouvoir et suivre les mesures nationales, et y intégrer des mesures propres à nos territoires. |Découvrir le plan national
Les villages de vacances passent au vert foncé
Depuis le 1er juillet 2026, les villages de vacances ne sont plus évalués uniquement sur leurs équipements ou leur niveau de confort. Un arrêté du ministre du Tourisme en date du 22 mai 2026 modifie en profondeur leur classement et multiplie les critères liés au développement durable et à l’environnement. Leur nombre passe de 14 à 39, dont 22 peuvent désormais être obligatoires, contre 3 dans le règlement précédent. Ainsi, la qualité d’un hébergement touristique ne dépend donc plus seulement de ce qui offert aux vacanciers, mais aussi de la manière dont il gère son impact environnemental au quotidien. Autant d’enjeux de transition désormais placés sous la vigilance des clients : économie d’énergie, consommation d’eau, gestion des déchets, mais restauration, climatisation, éclairage ou produits d’entretien, jusqu’à la formation du personnel et l’information des touristes. |Consulter l’arrêté
Lancement du programme Adapt Bati Confort en Auvergne-Rhône-Alpes
Le 11 juin s’est tenu à Lyon le lancement régional du programme Adapt Bâti Confort, dont l’objectif est de soutenir l’adaptation du bâti existant dans 4 régions pilotes particulièrement soumises aux effets - de plus en plus fréquents et intenses - des vagues de chaleur. Financée par les certificats d’économie d’énergie (CEE) et co-porté par l’Ademe, le Cerema et le CSTB, l’initiative fait suite à un appel à manifestation d’intérêt dont la cinquantaine de projets lauréats est désormais connue. Sur les 15 projets retenus en région Auvergne-Rhône-Alpes, 8 ont été présentés à cette occasion par leurs porteurs respectifs. Presque tous les types de bâti public y sont représentés : Ehpad, médiathèque, école, bureaux, établissement médico-social, logements, équipements publics. Car à terme, et au-delà de la réponse apportée aux différents cas sélectionnés, l’enjeu est bien d’améliorer la connaissance transférable à l’ensemble du parc public et collectif. |Plus de détails
Repères et analyses
Quel climat demain et après-demain en Auvergne-Rhône-Alpes ?
Météo-France a publié les projections climatiques de la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) à l’échelle de l’Auvergne-Rhône-Alpes qui devrait connaître un réchauffement marqué au cours du siècle. Les températures moyennes pourraient augmenter de 2,3 °C d’ici 2050 et de 3,7 °C à l’horizon 2100 par rapport à la période 1976-2005. Les vagues de chaleur devraient devenir plus fréquentes et plus intenses, tandis que les étés seront plus secs. Les précipitations annuelles resteraient globalement stables, mais davantage concentrées en hiver, avec des épisodes de pluies intenses plus fréquents. La diminution de l’enneigement, l’aggravation des sécheresses et l’augmentation du risque de feux de forêt renforceront la nécessité d’adapter les infrastructures, la gestion de l’eau et les stratégies d’aménagement des collectivités afin d’accroître la résilience des territoires. Sur ces enjeux de long terme, rappelons que les territoires peuvent dès aujourd’hui solliciter la Mission adaptation en vue d’être guidés dans leurs démarches d’adaptation au changement climatique |Découvrir les projections
Le secteur tertiaire diminue sa consommation d’énergie et augmente la part d’électricité
Selon le bilan national publié par l’ADEME, les bâtiments tertiaires engagés dans le Dispositif Éco Énergie Tertiaire ont réduit leur consommation d’énergie de 26 % entre la période de référence 2010-2019 et 2024. Ce résultat illustre l’efficacité des actions de sobriété, d’optimisation des usages et de rénovation énergétique mises en œuvre dans le secteur. L’étude met également en évidence une progression de l’électrification des usages : la part de l’électricité dans les consommations est passée de 54 % à 61 %, tandis que celle du gaz a diminué de 37 % à 29 %. Cette évolution reflète le remplacement progressif des équipements fonctionnant aux énergies fossiles par des solutions électriques plus performantes. Ces résultats confirment que la maîtrise des consommations, associée à l’électrification des bâtiments, constitue un levier efficace pour atteindre les objectifs du décret tertiaire, réduire les coûts énergétiques et accélérer la transition climatique du patrimoine. |Consulter le bilan
L’autopartage, une solution en plein essor mais encore sous-utilisée
Saviez-vous qu’un million d’usagers ont déjà adopté l’autopartage ? En plein essor en France, l’autopartage consiste à partager l’utilisation d’un véhicule, et non un trajet comme dans le cas du covoiturage. Les modalités sont variées et cette solution ne concerne pas uniquement les grandes agglomérations. Elle séduit également de plus en plus de ménages modestes ainsi que les habitants des petites villes et des zones rurales, contribuant ainsi à l’inclusion sociale et territoriale. L’autopartage présente aussi des avantages économiques et environnementaux : il peut permettre d’économiser jusqu’à 1 000 euros par an, tout en remplaçant 5 à 7 voitures individuelles et en libérant de l’espace sur la voirie publique. À terme, il pourrait répondre aux besoins de plus de 12 millions de conducteurs français qui n’utilisent leur voiture que pour des déplacements ponctuels. Les collectivités ont un rôle clé à jouer pour accompagner son développement. Parmi les leviers d’action : renforcer sa visibilité, montrer l’exemple et favoriser son accessibilité, tant sur le plan géographique que financier. |Lire l’enquête nationale
Outils pour agir
Gestion des déchets : un guide pour remettre l’usager au cœur du système
Le guide « Jeter, trier, éviter : apports de la sociologie dans la gestion de nos déchets », publié par la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), invite les collectivités à compléter les approches techniques traditionnelles par une meilleure compréhension des comportements des usagers. Il part du constat que les performances de tri et de réduction des déchets dépendent autant des usages, des contraintes quotidiennes et de l’organisation des services que de l’information délivrée aux habitants. Le guide identifie les freins et les leviers d’action influençant les pratiques de tri, de prévention et de réemploi. Il souligne l’importance d’adapter les dispositifs aux réalités locales, de simplifier la communication, de renforcer la concertation avec les habitants et de clarifier la gouvernance entre les différents acteurs publics. Conçu comme un outil pratique, ce document sera utile à tout territoire désireux d’améliorer la qualité du service public des déchets, de développer l’économie circulaire ou de concevoir des politiques plus efficaces en tenant compte des pratiques réelles des usagers. |Lire le guide
Démarches de résilience et territoires de montagne
L’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) publie une boîte à outils pour les acteurs locaux afin d’accompagner les territoires alpins dans l’élaboration de démarches de résilience face aux conséquences du changement climatique. Le document est structuré autour de six grandes questions permettant aux collectivités de construire leur démarche de résilience : choisir la bonne échelle d’action, mieux comprendre et anticiper les aléas climatiques, adapter les politiques d’aménagement, renforcer la résilience de l’économie locale, organiser une gouvernance transversale et tirer les enseignements des crises. Chaque axe propose une méthode d’autodiagnostic pour aider les territoires à évaluer leur situation et identifier leurs leviers d’action. Cette publication complète le rapport intitulé Lignes directrices pour l’élaboration de plans de résilience destinés aux autorités et acteurs locaux des Alpes françaises face aux évolutions climatiques. |Accéder à la boîte à outils
S’adapter au changement climatique avec les Solutions fondées sur la Nature
Dans le cadre du projet LIFE ARTISAN, l’Office français de la biodiversité lance le MOOC « S’adapter au changement climatique avec les Solutions fondées sur la Nature », une formation en ligne gratuite accessible du 15 septembre au 13 novembre 2026. Ouvert à tous, ce parcours de neuf semaines (environ deux heures par semaine) vise à mieux comprendre les liens entre climat, biodiversité et bien-être, et à accompagner la conception et la mise en œuvre de projets fondés sur les Solutions fondées sur la Nature. Structurée autour d’exemples concrets et de retours d’expérience, la formation aborde l’identification des risques, la planification de projets, la mobilisation des acteurs et les outils méthodologiques pour passer à l’action. Deux niveaux d’engagement sont proposés, permettant soit d’acquérir les notions essentielles, soit de conduire un projet dans son territoire ou son organisation. Gratuite et entièrement en ligne, cette formation s’adresse à tous les publics : agents de collectivités, professionnels et citoyens. |Découvrir le MOOC
Vie du Club
Agenda
À noter dans vos agendas, les deux prochains rendez-vous du Club.
Le 18 septembre à 9h30 | Webinaire thématique | Agrivoltaïsme : quels rôles des acteurs pour des projets réussis ? | Je m’inscris
Le 9 octobre à Lyon | Rencontre annuelle du Club | Changement climatique | Concilier atténuation, adaptation, préservation : cap ou pas cap ? | Réduire nos émissions, adapter nos territoires et préserver nos ressources : ces trois défis ne peuvent plus être pensés séparément. A la faveur de regards experts, de témoignages concrets et d’échanges entre pairs, nous explorerons collectivement les multiples manières de les concilier. Le programme détaillé ainsi que les modalités d’inscription vous seront communiqués prochainement. Le nombre de places est limité à 130 participants. Réservez dès à présent cette journée et restez attentifs aux prochaines communications ! |
Sur la plateforme
Le 22 mai dernier s’est tenu le webinaire thématique sur la construction d’une trajectoire locale d’adaptation. Le support et le replay sont disponibles ici
Le Cerema lance un appel à partenariat à destination des collectivités d’Auvergne-Rhône-Alpes et de Bourgogne-Franche-Comté souhaitant engager une réflexion sur la végétalisation de l’espace public en intégrant les enjeux de santé et de bien-être. L’objectif est d’accompagner les collectivités dans la conception d’espaces publics adaptés au changement climatique. L’accompagnement, modulable selon les besoins, est prévu en 3 étapes : sensibilisation des acteurs, réalisation d’un diagnostic croisé et définition d’une stratégie de végétalisation en lien avec les documents de planification. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 30 octobre 2026 aux intercommunalités et communes de plus de 3 500 habitants. |En savoir plus