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100% électrique : quand chaque usage devient un levier collectif - N°5 - Octobre 2026
Saviez-vous que les mers et océans couvrent plus de 70 % de notre planète et transportent près de 90 % des marchandises mondiales ? Longtemps placés au second plan dans les débats sur le climat, ces espaces sont désormais au cœur des négociations internationales, comme en témoigne la récente 3ᵉ Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC-3).
Véritable régulateur climatique et poumon économique, l’Océan n’est plus seulement une victime du réchauffement : il est un réservoir de solutions. Entre innovations technologiques, évolution des pratiques et nouvelles régulations, les initiatives se multiplient pour accélérer la transition énergétique des activités maritimes, de la côte jusqu’au large.
Dans ce 4ᵉ numéro de Terre à terre, nous plongeons au cœur de ces dynamiques prometteuses. Embarquez avec nous !
Imaginez une ville où les moyens de transport, les bâtiments et les commerces fonctionnent sans énergie fossile. Grâce aux véhicules électriques, les déplacements sont plus silencieux, moins polluants et plus économiques. Dans les logements comme dans les commerces, les panneaux solaires et les pompes à chaleur permettent de réduire durablement les dépenses énergétiques, avec jusqu’à 1 000 euros d’économies par an pour les citoyens. L’électrification profite aussi bien aux industries, aux entreprises, aux artisans qu’aux agriculteurs, en réduisant les coûts énergétiques d’au moins 20 %, tout en renforçant leur compétitivité. En développant les énergies renouvelables, comme le solaire et l’éolien, la ville produit et consomme une énergie décarbonée et renforce sa souveraineté énergétique. Aujourd’hui, cette dynamique est bel et bien en marche avec le plan d’électrification des usages du Gouvernement. Peu à peu, les territoires s’électrifient massivement pour réduire leur dépendance aux énergies fossiles, protéger le pouvoir d’achat et accélérer la décarbonation.
Pompes à chaleur, leasing social, électrification des équipements agricoles et industriels… le programme national « Électrifions la France » vise à accélérer la sortie des énergies fossiles en accompagnant les ménages, les entreprises et les territoires vers des usages électriques plus sobres en CO2. L’ADEME, à la demande du ministère de la Transition écologique, opère 9 des 22 mesures du plan.
Le principal frein reste souvent le coût initial des équipements. Dans cette optique, le programme Électrifions la France propose plusieurs solutions pour faciliter le passage à l’action. Pour les pompes à chaleur ou les véhicules électriques, une offre intégrée et un dispositif de leasing social permettent de réduire l’investissement initial pour les ménages modestes et très modestes.
L’agriculture, l’industrie ou encore l’artisanat sont des secteurs qui restent dépendants des énergies fossiles. Pour accompagner l’électrification, un appel à projets doté de 60 millions d’euros soutient notamment les engins agricoles et les engins de chantier. Il vise à accompagner les premières expérimentations, alors que les équipements électriques restent encore peu nombreux sur ces marchés.
Les collectivités peuvent notamment être accompagnées dans le développement de solutions de chaleur renouvelable, via le Fonds Chaleur : pompes à chaleur géothermiques, réseaux de chaleur ou de froid, sont aussi des moyens utilisant de l’électricité pour produire une chaleur décarbonée et renouvelable. Dans le cadre du plan national « Électrifions la France », 109 territoires d’électrification ont par ailleurs été sélectionnés, afin de bénéficier d’un accompagnement renforcé pour accélérer l’électrification des usages (sur leur patrimoine et leur territoire) et réduire leur dépendance aux énergies fossiles. En parallèle, les villes de Rouen et Angers ont déjà lancé des études sur la réduction progressive du réseau de gaz.
L’enjeu est d’éviter de nouvelles formes de dépendance et de susciter l’adhésion. Le lien avec d’autres politiques publiques, comme le développement des énergies renouvelables - éolien ou solaire - prend tout son sens lorsque les usages sont locaux, notamment dans une logique d’autoconsommation collective. L’électrification doit aussi permettre de créer de l’activité économique en favorisant les équipements fabriqués en Europe tout en encourageant une consommation énergétique plus responsable et plus sobre.
Si vous prenez le large en Méditerranée cet été, vous croiserez peut-être le plus grand voilier du monde, l’Orient Express Corinthian ! Ce paquebot, combinaison de yacht et de navire de croisière de luxe, a été développé par Chantiers de l’Atlantique grâce au programme Silenseas et baptisé le 29 avril 2026 à Saint-Nazaire.
© Jean-Marie Liot/Orient Express
Lauréat France 2030, le programme Silenseas est un des projets emblématiques du Conseil d’Orientation pour la Recherche et l’Innovation des Industries de la Mer (CORIMER). Il est le premier navire de croisière équipé du système de propulsion vélique SolidSail. Ses trois gréements culminent à plus de 100 mètres et sont pilotables de façon automatisée. Ce système est complété par une propulsion hybride au gaz naturel liquéfié (GNL) et de dispositifs d’efficacité énergétique.
Le système SolidSail a aussi été installé sur un autre projet lauréat France 2030, le premier cargo à voiles à dimension industrielle, le Neoliner Origine. Depuis octobre 2025, il dessert une liaison régulière mensuelle entre Saint Nazaire et Baltimore, Halifax et Saint-Pierre-et-Miquelon. L’État a investi sur ce projet à travers ADEME Investissement.
45 % de la flotte mondiale pourrait être équipée de propulsion par le vent d’ici 2050. La France possède une avance technologique et un écosystème naval, nautique, aéronautique et numérique très favorables.
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Atoll Tupai en Polynésie française
© Spotmatik
🌺En Polynésie française, Tainui Atea est désormais la plus grande aire marine protégée au monde. Elle couvre l’ensemble de la zone économique exclusive polynésienne, soit près de 5 millions de km², dépassant de loin l’ancienne première aire marine protégée Papahānaumokuākea à Hawaï avec 1,5 million de km².
Sa création a été officiellement annoncée à Nice en juin 2025, lors de la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC-3). Elle vise à protéger la biodiversité exceptionnelle de ces eaux tout en encadrant les usages maritimes : environ 900 000 km² sont sous protection stricte, tandis que d’autres zones autorisent des activités durables (pêche traditionnelle, pêche palangrière avec un plan de gestion).
N°4 - Juillet 2026
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