Infolettre du Club Climat et Résilience

N° 14 - Mai 2026

Les actualités climat


Stratégie nationale biodiversité : où en est-on ?
Le bilan 2025 de la stratégie nationale biodiversité 2030 (SNB) publié fin février 2026 met en avant plusieurs points positifs. La protection des écosystèmes se renforce avec 63 nouvelles zones labellisées. La mobilisation locale est significative avec 555 collectivités engagées dans le dispositif "territoires engagés pour la Nature" et 121 atlas de la biodiversité communale (ABC) lancés dans les territoires. A quoi s’ajoutent 230 projets de continuité écologique et une cartographie des habitats naturels (CARHab) produite sur 75% de l’Hexagone. Ces résultats montrent une avancée réelle, mais des efforts supplémentaires importants restent nécessaires pour stopper l’érosion de la biodiversité d’ici 2030, puis en inverser la courbe, en respect des engagements internationaux de la France.

Le Haut conseil pour le climat appuie la stratégie nationale bas carbone et en souligne l’exigence
Dans un avis rendu en mars 2026, le Haut conseil pour le climat salue l’ambition de la 3ème stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3) dont l’adoption est prévue d’ici l’été. Celle-ci s’aligne sur l’objectif européen de réduction des émissions de gaz à effet de serre : moins 55 % d’émissions nettes d’ici 2030. Via la notion d’empreinte carbone, chaque produit consommé rentre désormais dans le calcul, de sorte à éviter qu’une baisse des émissions territoriales soit compensée par une hausse des importations issues de pays aux normes moins strictes. Notant une réduction insuffisante des émissions en 2024 et 2025, le Haut conseil recommande d’amplifier les mesures concrètes de décarbonation et de soutien aux puits de carbone. Il suggère de recourir à des financements de long terme et à hauteur des ambitions. Il préconise plus de sobriété : dans l’usage de la biomasse ou dans la mobilité notamment. Il appelle enfin à mieux accompagner les publics vulnérables, par la mise en place d’un fonds dédié ou d’indicateurs fins de suivi des impacts sociaux. | Lire l’avis

Repères et analyses


Bilan des émissions de gaz à effet de serre : les nouveaux chiffres annuels sont disponibles
Le Citepa a mis à jour les résultats de son baromètre mensuel pour l’ensemble de l’année 2025. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France ont diminué de 1,5% en 2025, pour atteindre 364 millions de tonnes d’équivalent CO2 hors puits de carbone. Cette baisse est moins rapide qu’en 2024 (-1,8 %) et 2023 (-6,8 %). La trajectoire reste compatible avec le budget carbone annuel fixé par la Stratégie nationale bas-carbone en vigueur (SNBC 2). Mais d’ici à 5 ans, les émissions devront fortement décroître pour se conformer aux objectifs de la future SNBC 3 : 347 Mt CO₂e/an pour 2024-2028, avec une réduction de 4 % par an pour atteindre 279 Mt CO₂e en 2030. A noter qu’en région Auvergne Rhône-Alpes, les profils territoriaux climat-air-énergie diffusés par l’ORCAE ont aussi vu leurs données mises à jour. Pour les émissions de GES, comme pour les polluants ou la consommation et la production d’énergie, c’est le millésime 2024 qui est désormais disponible à l’échelle de tous les territoires (EPCI, Départements, SCoT, PNR, …). | Accéder au baromètre national

Comment décarboner les 9 filières industrielles les plus émettrices de France ?
L’ADEME dévoile une vision agrégée des trajectoires de décarbonation alimentant les 9 plans de transition sectoriels (PTS) élaborés depuis 2020 dans le cadre du projet européen Finance Climact. Ces nouveaux résultats publiés en mars 2026 se basent sur l’étude de 225 sites et 9 secteurs industriels particulièrement énergivores (acier, ciment, éthylène, verre, ammoniac, papier-carton, sucre, aluminium et chlore), l’ensemble représentant 11 % des émissions de gaz à effet de serre en France et 62 % des émissions de l’industrie manufacturière. Ils confirment que 3 principaux leviers sont mobilisables d’ici 2030 : l’amélioration de l’efficacité énergétique et de la récupération de chaleur fatale, le développement du recyclage, et l’électrification directe des procédés. Au-delà de 2030, la décarbonation profonde reposera en revanche sur des technologies de rupture comme l’hydrogène pour l’acier ou l’ammoniac, ou les hauts fourneaux à arc électrique, le captage et stockage du carbone ne constituant qu’un levier de dernier recours. Si l’effort financier, hors infrastructures et réseaux, est évalué à 30 milliards d’euros à horizon 2050, l’analyse conclut à un bilan économique positif et, sous l’effet du prix du CO2, à des gains pour les coûts de production entre 15% en 2030 et 50 % en 2050. Le maintien possible de l’emploi industriel cache toutefois des différences entre les territoires, avec des situations gagnantes ou perdantes selon les sites concernés. Au plan local, des arbitrages sont enfin à attendre entre usages énergétiques industriels et urbains (réseaux de chaleur, tertiaire, résidentiel) rentrant en concurrence, notamment pour la biomasse et même dans un scénario de sobriété. | Consulter les rapports d’étude

Bonnes nouvelles pour les énergies renouvelables
La région Auvergne-Rhône-Alpes produit 20% de l’énergie renouvelable française. C’est ce que rappelle une publication récente de l’ADEME. Cette production s’appuie très majoritairement sur le parc de centrales hydroélectriques du territoire. Chaque région a sa spécificité énergétique selon son ensoleillement, sa proximité à la mer, la présence de fleuves ou l’exposition au vent. Toutes ces sources d’énergie couvrent déjà un tiers des besoins d’électricité et la trajectoire en cours apparaît compatible avec l’objectif établi dans la loi : couvrir 40 % des besoins d’ici à 2030. Le photovoltaïque y contribue fortement et, selon les derniers chiffres fournis par Enedis, le record de production observé en 2025 se maintient au premier trimestre 2026, malgré un ralentissement du marché. Et il est aussi à noter que, dans la même période, l’autoconsommation collective connaît un véritable essor, rendu possible par l’implication grandissante des territoires dans les projets de valorisation en circuit court. | Vers la publication ADEME les données ENEDIS

Ils l'ont fait


Réutilisation des eaux usées traitées : un outil partagé pour en mesurer l’opportunité
Avec l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse et le Conseil départemental de l’Ain, le Cerema s’est interrogé sur les opportunités locales de réutilisation des eaux usées traitées. Comment aider les territoires à s’emparer de cette solution potentielle pour préserver la ressource et s’adapter au changement climatique ? Quels sont les usages propices et les projets à éviter ? C’est à ces questions que répond l’outil d’aide à la décision produit à l’issue de la démarche. Il s’appuie sur un diagnostic des milieux naturels, une évaluation de leurs besoins en eau et une estimation des volumes d’eau substituables dans les activités humaines. A quoi s’ajoutent les gisements d’eaux usées traitées disponibles, en quantité et selon leur localisation. Croiser ces informations permet de juger de la pertinence d’une possible réutilisation des eaux usées. Qualité des cours d’eau, capacité à limiter les prélèvements, contraintes de substitution et coûts financiers en sont les principaux critères. | En savoir plus

Un MOOC pour former à l’accompagnement des chantiers d’auto-rénovation énergétique
Basée à Chambery et espace conseil France Rénov’ pour la Savoie et la Haute-Savoie, l’association ASDER (Agence au service du défi énergétique) porte le projet d’une formation e-learning ouverte sur le sujet à dimension sociale de l’auto-rénovation accompagnée. L’objectif est de faciliter la montée en compétences des collectivités et des professionnels du bâtiment dans l’accompagnement des particuliers souhaitant réaliser eux-mêmes la rénovation énergétique de leur logement. Cette formation à distance contribuera à encadrer les pratiques existantes, mieux gérer les risques potentiels et à capitaliser les retours d’expérience. Elle sera mise à disposition du plus grand nombre via la plateforme MOOC Bâtiment Durable portée par l’ADEME et le Plan Bâtiment Durable. Le projet bénéficie du soutien financier de la Fondation MAIF et de l’ADEME, et fait partie des lauréats de l’appel à “communs numériques” lancé en 2025 pour développer des ressources ouvertes au profit de la transition écologique. | Découvrir le projet lauréat la plateforme MOOC Bâtiment Durable

La Convention des entreprises pour le climat mise sur la coopération territoriale
La délégation rhônalpine de la Convention des entreprises pour le climat (CEC) porte depuis 2023 un objectif ambitieux : engager les dirigeants d’entreprises locales dans une bascule de leurs modèles d’affaires vers une économie impactant positivement le vivant. Après avoir embarqué 300 entreprises dans la formalisation de feuilles de route 2030 à visée "régénérative", la dynamique se poursuit en 2026 au travers d’un nouveau dispositif d’accompagnement baptisé Coopération et expérimentations. Organisé sur 10 mois à la façon d’une expédition, le parcours proposé réunit 6 collectifs, dénommées cordées, chacune autour d’une problématique identifiée : "Territoires de moyenne montagne", "Tourisme et santé", "Biodiversité et inclusion", "Bâtiment régénératif" et "Maison régénérative". Pour concrétiser les intentions de transformation en présence, l’idée est de s’appuyer sur des projets de coopération et des solutions testées collectivement à l’échelle du territoire. C’est pourquoi un certain nombre de partenaires publics, opérateurs de l’état ou collectivités, ont fait le choix de s’impliquer aux côtés des entreprises. Preuve que l’émergence de nouveaux modèles appelle nécessairement à croiser les regards. | Accéder aux rapports CEC | Suivre les activités de la délégation Rhône-Alpes la délégation Massif Central

L’éducation au développement durable, accélérateur de la planification écologique
Comment faire en sorte que les démarches d’éducation à l’environnement et au développement durable (EEDD) concourent à la mise en œuvre des feuilles de routes régionale et départementales de planification écologique ? C’est sur cette question que la quarantaine de membres de l’instance de dialogue régionale en EEDD ont travaillé le 27 janvier dernier à l’initiative de la DREAL, de la DRAJES, de la DRAAF, des Rectorats d’Académie et de l’association GRAINE ARA, tête de réseau régionale en EEDD. Il en est sorti deux premiers livrables : une liste des acteurs EEDD mobilisables dans les territoires et un premier recensement d’actions EEDD répondant aux thématiques de la COP. L’objectif poursuivi est bien de développer ces démarches pour favoriser l’adhésion et l’engagement citoyen dans les projets de transition. Dernière initiative en date pour rendre visible les actions et identifier les besoins de terrain, l’enquête « éducation à l’alimentation durable en Auvergne-Rhône-Alpes » vient d’être mise en ligne par le GRAINE et le Réseau d’Éducation à l’Environnement Auvergne (REEA). Ouverte jusq’au 15 mai, elle n’attend plus que vos contributions ! | Consulter la recensement des actions la liste des acteurs | Répondre à l’enquête Alimentation durable

Vie du Club


Agenda
Rendez-vous le 22 mai à 10h30 pour un webinaire thématique sur la construction des trajectoires locales d’adaptation. Ce webinaire sera l’occasion de présenter les méthodes, outils et témoignages de collectivités sur la mise en œuvre concrète de l’adaptation au changement climatique dans les territoires. On vous y attend nombreux ! | S"inscrire

Sur la plateforme
Dernièrement, deux webinaires ont été organisés par le Club : l’un sur le thème des collectifs citoyens, l’autre pour partager les résultats des travaux menés dans le cadre du Club depuis un an. Vous retrouvez sur la plateforme, les supports et replays. Les livrables des groupes projets y seront aussi déposés. Enfin, des informations sur des évènements régionaux ou nationaux sont relayées via la rubrique Forum, ouverte à tous les membres, et que vous pouvez donc librement alimenter !

Je contribue !
Un projet, une date, un témoignage ? Contribuez à faire vivre cette infolettre. Contactez-nous via ccr.dreal-ara@developpement-durable.gouv.fr pour valoriser vos actions, annoncer vos événements, diffuser vos ressources … ou faire du lien ! | En savoir plus

Appels à projet


Fonds vert 2026
Reconduit à hauteur de 837 M€, le Fonds vert accompagne les collectivités locales dans la transition écologique pour la 4ème année consécutive. Il continue d’être l’outil privilégié de financement des projets inscrits dans les plans et documents de la planification écologique locale (PCAET, CRTE, feuille de route des COP régionales). Les demandes de financement au titre de l’année 2026 peuvent désormais être déposées sur la plateforme Aides-territoires. | Découvrir le concours

Prix national du génie écologique
L’A-IGÉco et l’OFB invitent l’ensemble des acteurs de l’ingénierie et du génie écologiques à concourir à la 6e édition du prix national du génie écologique. Les actions visées sont l’amélioration des continuités écologiques, la gestion d’espaces naturels, la restauration de milieux, l’expérimentation et la recherche appliquée. Il s’adresse à l’ensemble des acteurs concernés : maître d’ouvrage, bureau d’études, maître d’œuvre, entreprise de travaux, organisme de recherche, association, gestionnaire d’espaces, collectivité. Date limite : 15 mai 2026. | Consulter l’AMI

AMI Génération air pur
Dans le cadre du Plan Régional Santé-Environnement (PRSE 4) et avec le soutien de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, le Pôle Éducation Santé Environnement Auvergne-Rhône-Alpes (ESE) lance l’AMI Génération Air Pur afin de soutenir des projets d’éducation liés aux enjeux de la qualité de l’air intérieur et extérieur auprès des jeunes. Il s’adresse à toutes structures accueillant des enfants entre 11 et 18 ans. Date limite : 22 mai 2026. | Plus d’information

Aide aux entreprises "Vélos-cargos"
La Chambre des métiers et de l’artisanat Auvergne Rhône-Alpes déploie une nouvelle aide financière pour accompagner les entreprises dans l’achat neuf de vélos-cargos ou de remorques de transport. Soutenu par l’ADEME dans le cadre du Fonds qualité de l’air, ce programme s’adresse aux entreprises artisanales implantées dans les zones couvertes par un plan de protection de l’atmosphère (hors Saint-Etienne Métropole qui bénéficie d’un dispositif propre) : Grenoble Alpes Dauphiné, Agglomération lyonnaise, Vallée de l’Arve, Agglomération clermontoise et Loire-Forez Agglomération. Le montant accordé atteint jusqu’à 50 % du prix HT dans la limite de 2 000 € avec assistance électrique et 1 000 € sans assistance. Le cumul avec d’autres aides publiques est possible. | Plus d’information