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L’Océan au cœur de l’équation climatique - Terre à Terre - N°4 - Juillet 2026

🌊 L’Océan au cœur de l’équation climatique

Saviez-vous que les mers et océans couvrent plus de 70 % de notre planète et transportent près de 90 % des marchandises mondiales ? Longtemps placés au second plan dans les débats sur le climat, ces espaces sont désormais au cœur des négociations internationales, comme en témoigne la récente 3ᵉ Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC-3).

Véritable régulateur climatique et poumon économique, l’Océan n’est plus seulement une victime du réchauffement : il est un réservoir de solutions. Entre innovations technologiques, évolution des pratiques et nouvelles régulations, les initiatives se multiplient pour accélérer la transition énergétique des activités maritimes, de la côte jusqu’au large.

Dans ce 4ᵉ numéro de Terre à terre, nous plongeons au cœur de ces dynamiques prometteuses. Embarquez avec nous !

On défriche

Drapeau Pavillon bleu, logo plage sans déchet plastique… cet été, lors de vos passages sur les plages et les ports de la côte, vous apercevrez sûrement certaines certifications ou labellisations. Tour d’horizon, en image, de leurs différents engagements.

Plages, ports, littoraux et mer Les dispositifs vers une transition durable Qualité environnementale Label Pavillon Bleu 485 sites labellisés, dont : 384 plages 100 ports de plaisance Protection de la biodiversité marine Ports propres actifs en biodiversité Certification environnementale complémentaire à Ports Propres 84 ports sur 137 ont poussé la démarche pour obtenir cette reconnaissance. Aires marines protégées Dispositif public de protection des espaces marins. 565 aires marines protégées en métropole et outre-mer. Réduction des déchets plastiques Charte Plages sans déchet plastique 131 communes signataires Gestion des pollutions portuaires Certification Ports propres 130 ports de plaisance certifiés Ports Propres Décarbonation maritime Label Green Marine Europe Label européen avec 22 armateurs labellisés ou candidats Charte SAILS Charte de bonnes pratiques du transport maritime. Feuille de route nationale de décarbonation Cadre stratégique français.

On creuse le sujet avec…

Emeric Bidenbach, chef de projet transport maritime au Cerema

Le trafic maritime occupe une place essentielle dans l’économie mondiale. Cela en fait un secteur stratégique, mais aussi très exposé aux enjeux environnementaux et aux tensions géopolitiques.

Comment le trafic maritime influence-t-il le climat et la biodiversité marine ?

Sur le plan climatique, le transport maritime représente environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ce chiffre peut sembler modeste, mais sa trajectoire est préoccupante : sans action, sa part pourrait atteindre 15 à 20 % d’ici 2050. L’enjeu n’est donc pas dans le poids actuel du secteur, mais sa dynamique future. Le transport maritime exerce aussi de nombreuses pressions sur la biodiversité marine : bruit sous-marin (perturbant les mammifères marins dans leurs zones de reproduction, de migration ou d’alimentation), collisions avec les cétacés, pollutions, diffusion d’espèces invasives ou encore dégradations des fonds marins liées à l’ancrage.

Les zones de fort trafic sont-elles aussi les zones où les impacts sur la biodiversité sont les plus forts ?

Pas nécessairement ! Une zone très fréquentée par des navires n’aura pas les mêmes effets selon qu’elle croise ou non des couloirs de migration d’espèces, des habitats sensibles ou encore des espèces à enjeu de conservation. L’enjeu est donc d’identifier les points de rencontre entre trafic intense et forte sensibilité écologique, qu’on qualifie de zones à risque ou de « hot spots ». À l’inverse, certaines zones de fort trafic se situent dans des zones à faibles enjeux écologiques.

Géolittoral est le portail de la planification maritime et des données sur la mer et le littoral. Ici les données de trafic maritime pour l'année 2024.

Géolittoral est le portail de la planification maritime et des données sur la mer et le littoral. Ici les données de trafic maritime pour l'année 2024.

© Geolittoral

Quelles mesures sont déjà mises en place pour réduire l’impact du trafic maritime sur le climat et la biodiversité ?

La baisse de vitesse dans certaines zones permet à la fois de réduire les émissions, de diminuer le bruit sous-marin et de limiter le risque de collision avec les cétacés. C’est une mesure simple mais très efficace lorsqu’elle est bien ciblée.
D’autres actions sont également mises en œuvre, comme l’électrification des ports, la réduction de l’usage des combustibles les plus polluants ou le développement de modes de propulsion plus sobres.
Mais le secteur est en transition, avec des choix techniques encore ouverts. Les solutions les plus intéressantes sont souvent celles qui apportent plusieurs bénéfices, à la fois pour le climat, la qualité de l’air, la réduction du bruit et la biodiversité.

En quoi est-il si difficile de réguler le trafic maritime dans les zones les plus sensibles ?

Le trafic maritime se déploie dans un espace largement international, avec des intérêts très différents selon les États et les ports. Une mesure contraignante prise dans une zone donnée peut déplacer une partie du trafic vers un port concurrent, parfois dans un autre pays. Cela crée une tension permanente entre protection de l’environnement et attractivité économique.
Il faut à la fois disposer d’une connaissance fine des flux, et construire des mesures coordonnées pour qu’elles soient efficaces. C’est tout l’enjeu des coopérations entre réseaux de données et des cadres internationaux comme les conventions.

Avec l’aimable participation d’Alan Quentric, responsable d’étude planification littorale et maritime au Cerema

Sur le terrain

Le vent, nouvel allié des paquebots géants

Si vous prenez le large en Méditerranée cet été, vous croiserez peut-être le plus grand voilier du monde, l’Orient Express Corinthian ! Ce paquebot, combinaison de yacht et de navire de croisière de luxe, a été développé par Chantiers de l’Atlantique grâce au programme Silenseas et baptisé le 29 avril 2026 à Saint-Nazaire.

© Jean-Marie Liot/Orient Express

Lauréat France 2030, le programme Silenseas est un des projets emblématiques du Conseil d’Orientation pour la Recherche et l’Innovation des Industries de la Mer (CORIMER). Il est le premier navire de croisière équipé du système de propulsion vélique SolidSail. Ses trois gréements culminent à plus de 100 mètres et sont pilotables de façon automatisée. Ce système est complété par une propulsion hybride au gaz naturel liquéfié (GNL) et de dispositifs d’efficacité énergétique.

Le système SolidSail a aussi été installé sur un autre projet lauréat France 2030, le premier cargo à voiles à dimension industrielle, le Neoliner Origine. Depuis octobre 2025, il dessert une liaison régulière mensuelle entre Saint Nazaire et Baltimore, Halifax et Saint-Pierre-et-Miquelon. L’État a investi sur ce projet à travers ADEME Investissement.

45 % de la flotte mondiale pourrait être équipée de propulsion par le vent d’ici 2050. La France possède une avance technologique et un écosystème naval, nautique, aéronautique et numérique très favorables.

📖 Consulter le livre blanc de la propulsion des navires par le vent.

En image

Tainui Atea, la plus grande aire marine protégée au monde

Atoll de Tupai

Atoll Tupai en Polynésie française

© Spotmatik

🌺En Polynésie française, Tainui Atea est désormais la plus grande aire marine protégée au monde. Elle couvre l’ensemble de la zone économique exclusive polynésienne, soit près de 5 millions de km², dépassant de loin l’ancienne première aire marine protégée Papahānaumokuākea à Hawaï avec 1,5 million de km².

Sa création a été officiellement annoncée à Nice en juin 2025, lors de la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC-3). Elle vise à protéger la biodiversité exceptionnelle de ces eaux tout en encadrant les usages maritimes : environ 900 000 km² sont sous protection stricte, tandis que d’autres zones autorisent des activités durables (pêche traditionnelle, pêche palangrière avec un plan de gestion).

N°4 - Juillet 2026

Direction de la publication : Anaïs Lançon, Philippe Alberola. Comité de rédaction : Auréline Rupert, Soizic Quéméner, Anne Baron, Marisa Vega Nieto, Juliette Sauty, Christella Brives. Secrétariat de rédaction : Sophie Bellet. Conception graphique : Coralie Fondeville, Arnold Desdoit. 2026 Secrétariat général - Direction de la communication du ministère de la Transition écologique, de l'Aménagement du territoire, des Transports, de la Ville et du Logement. Vous pouvez à tout moment vous désinscrire en cliquant sur le bouton de désinscription situé en bas de chaque newsletter envoyée. Vous disposez d'un droit d'accès, de rectification, d'opposition et de limitation des données qui vous concernent. Vous pouvez exercer ces droits en nous contactant à l'adresse suivante : rgpd-dicom@developpement-durable.gouv.fr. En savoir plus sur notre page « Données personnelles et cookies » : https://www.ecologie.gouv.fr/donnees-personnelles

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